Edito d’Hygiènes – Volume XXVI – n°3 – Juin 2018

par le pr Jacques Fabry*

Le succès durable de notre revue tient à une seule chose : la pertinence des textes publiés pour la pratique professionnelle. De fait, depuis sa création, Hygiènes permet le partage des expériences, des évaluations, des initiatives qui visent à réduire les risques infectieux dans de nombreux établissements. On nous dit souvent que la revue est indispensable aux acteurs de terrain, comme leur est d’ailleurs indispensable l’ensemble des autres activités de la Société française d’hygiène hospitalière (SF2H).

En amont des bonnes pratiques d’hygiène, il y a aussi l’activité des chercheurs. Particulièrement celle qui fait, c’est sa définition, « avancer les connaissances ». Certes la recherche ne fait pas tout ; il y a aussi la culture, le bon sens, la qualité des relations humaines, l’engagement personnel… Mais la recherche peut nous apporter beaucoup si elle va vraiment explorer de nouveaux paradigmes, de nouvelles hypothèses, si elle permet de bouger les lignes et disons, si elle nous fait grandir. C’est ce qu’elle fait lorsqu’elle sort du ronron de la recherche opportuniste, à finalité alimentaire1. Le comité de rédaction d’Hygiènes et moi-même sommes conscients de l’importance qu’il y a à faire une meilleure place, dans notre revue, aux démarches et résultats de la recherche vivante, et à en assurer la diffusion.

Pour cela, plusieurs chantiers ont été ouverts :

  • Le lancement d’une rubrique Méthodologie qui sera coordonnée par Serge Aho. Bien sûr, ce ne sera pas un manuel de plus, mais des textes clarifiant différents points de méthode auxquels les hygiénistes se confrontent régulièrement dans leurs travaux de recherche ou d’évaluation.
  • La reprise, dès ce numéro, d’une rubrique Lecture critique qui s’était arrêtée il y a plusieurs années. Joseph Hajjar en assure la coordination. Ce terme « lecture critique » peut sembler restrictif. Il faut l’élargir. Il ne s’agit pas uniquement de débusquer le petit « p » maigrichon, ou la confusion résiduelle, mais de replacer le travail dans notre pratique, avec ses plus et ses moins.
  • Et enfin une autre initiative proposée par Joseph Hajjar, Jean-Ralph Zahar et moi-même : l’appel à un groupe de rédacteurs pour programmer la publication régulière de Revues générales de haut niveau synthétisant les connaissances du moment, éclairant un débat (pros and cons) et à terme faisant avancer les pratiques. Le groupe pourra aussi orienter davantage de Comptes-rendus de travaux universitaires vers notre revue, lorsqu’ils gagnent à être portés à la connaissance des professionnels, ce qui n’est pas le cas bien souvent.

L’état d’esprit, c’est de lier plus étroitement la recherche et l’action : c’est bon pour l’action, c’est bon pour la recherche.

*Rédacteur en chef

Note:
1- C’est une épidémie mondiale inquiétante et de plus en plus souvent dénoncée (y compris par le rédacteur en chef du Lancet) : plus de six millions de textes scientifiques (ou réputés tels) sont indexés chaque année dans les bases de données (Medical Literature Analysis and Retrieval System Online [Medline] ou autres)