Inactivation des papillomavirus humains au niveau des sondes échographiques : synthèse de travaux récents

Résumé

Les papillomavirus humains (HPV) à haut risque sont la première cause de cancer cervical et peuvent entraîner des cancers chez les deux sexes. La présence de HPV sur des sondes d’échographie endocavitaire a été démontrée. Cela peut avoir des conséquences graves car ces dernières sont en contact avec les muqueuses au sein desquelles les cancers induits par HPV se développent. Nous savons que HPV est présent dans l’environnement et qu’il peut être transmis non-sexuellement via des vecteurs passifs. Nous avons étudié l’efficacité de désinfectants hospitaliers contre HPV via des tests en suspension liquide et sur porte-germes sur surface dure (modèle plus réaliste pour simuler des sondes). Les désinfectants pour sonde d’échographie courants homologués par la Food and Drug Administration, glutaraldéhyde (GTA) et ortho-phthalaldehyde (OPA), se sont montrés incapables d’inactiver HPV, même avec des temps de contacts accrus. Tous les désinfectants généraux testés se sont avérés inefficaces, à l’exception de l’hypochlorite de sodium à 0,525 % et du PAA-argent à 1,2 % (réductions respectives de 4,86 et 5,15 log10). Un dispositif automatisé à base de peroxyde d’hydrogène à 35 % soniqué et nébulisé est le seul système de désinfection des sondes d’échographie capable d’inactiver totalement HPV natifs à haut risque dans le respect du temps de contact recommandé (réductions de > 7,39 log10 et > 5,87 log10 sur HPV-16 et HPV-18 natifs). La faible efficacité des désinfectants hospitaliers courants sur HPV impose de s’interroger sur les allégations des fabricants de désinfectants concernant l’inactivation de ces virus. La désinfection à base de peroxyde d’hydrogène soniqué et nébulisé constitue une solution efficace pour la désinfection des sondes échographiques contre HPV.

2016 Désinfection Echographie Recherche médicale Tumeur maligne

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