Introduction – IAS : quel avenir ?

Résumé

Plus de vingt auteurs on participé à ce numéro thématique d'Hygiènes intitulé : "IAS : quel avenir ?". L'introduction présentée ci-dessous lance le débat sur la lutte contre les infections associées aux soins hier, aujourd'hui et demain. Chaque article peut se lire indépendamment des autres, mais c'est en les lisant tous qu'on obtient ce panorama qu'ont voulu brosser les auteurs. Les articles sont disponibles sur le web pour les abonnés numériques de Hygiènes. Les abonnés papier ont reçu leur exemplaire par voie postale. Ce numéro thématique exceptionnel est également disponible à la vente au format papier. Bonne lecture !  

2018

Article

Depuis quelques décennies en France comme dans de nombreux autres pays, la lutte contre les infections associées aux soins (IAS) a fait l’objet de programmes actifs mobilisant les décideurs, les experts, les professionnels et, de façon de plus en plus pressante, les usagers du système de soins.
Pour cela, il aura d’abord fallu que ce risque soit reconnu, puis qu’il bénéficie de ce qui est un quasi-label : celui de « problème de santé publique ». Ceci peut signifier bien des choses, au choix : problème touchant une fraction importante de la population, ou dont la survenue est particulièrement redoutée ou susceptible de mettre en défaut l’autorité politique, ou dont la solution nécessite une action coordonnée d’envergure ou des changements significatifs à un niveau organisationnel, culturel, etc.
Quelle qu’en soit la raison, l’autorité publique a joué son rôle, mobilisant ses nombreux annexes et relais techniques. Lois et règlements, référentiels, procédures, dispositifs d’accréditation, de surveillance, de signalement, d’intervention, d’évaluation ont été au rendez-vous. Les établissements et les professionnels ont, bon an mal an, emboîté le pas. La Société française d’hygiène hospitalière a pris son envol. Comme dans les autres pays, cet effort collectif a porté ses fruits : certains risques ont été maîtrisés, d’autres moins, mais globalement le bilan est positif. Et la preuve est faite que l’on peut se confronter avec un certain succès à des problématiques pluridisciplinaires aussi complexes, avec un effet d’entraînement pour la sécurité globale des soins de santé.
Bien sûr le verre est à moitié vide, et donc à moitié plein. La question peut dès lors être posée : quel avenir pour la lutte contre les IAS ? Un destin de Sisyphe avec toujours de nouveaux risques, partiellement maîtrisés, évanescents, renaissants, toujours en embuscade, et justifiant la permanence de la vigilance et de l’action préventive. Ou, au contraire, le rêve d’une « lutte finale » victorieuse, arrachant les causes racines dans les recoins les plus obscurs, éliminant définitivement les possibilités d’erreurs et de défaillances, et résolvant les contradictions les mieux établies. Comme toujours, la vérité est sans doute quelque part entre ces deux extrêmes, ces deux mythes.
Nous remercions les auteurs sollicités pour ce numéro original d’avoir apporté leur éclairage sur le lent cheminement des idées, sur les réalisations pratiques, sur les défis auxquels les hygiénistes d’hier et d’aujourd’hui se sont confrontés, et sur certains de ceux qu’ils devront relever à l’avenir.

La rédaction