Forces et faiblesses des palmarès hospitaliers

Résumé

La parution des palmarès hospitaliers dans la presse grand public continue de rencontrer un succès certain. Or le souci d’une plus grande transparence de fonctionnement du système de soins véhicule encore des attentes excessives quant à la connaissance de « résultats » dont on connaît les limites de longue date. La principale force des palmarès semble liée à leur formidable pouvoir d’interpellation même si on peut regretter qu’ils ne considèrent implicitement qu’une seule dimension ou presque, la qualité clinique des soins, en disposant de données limitées, donnant donc une image réductrice et faussée de la réalité. Par ailleurs, dans la crise de financement actuelle, il est difficile de s’intéresser à l’efficacité clinique indépendamment du bon usage des ressources. Si mesurer l’efficience est une entreprise périlleuse (quels résultats d’efficacité clinique rapporter à quelles dépenses ?), il faut au moins s’intéresser à la productivité, mais là encore, tout classement paraît délicat. Il l’est encore plus si on s’intéresse aux déterminants organisationnels et humains des performances. La notion de performances hospitalières recouvre une réalité complexe : à tout ramener à une note unique, ils masquent l’interdépendance forte des différentes dimensions qu’il faut apprécier dans leur ensemble, mais en essayant de tenir compte de la dynamique de leurs interrelations. Parmi les nombreuses limites des palmarès médiatiques, la plus grave à notre sens est peut-être le principe même du classement. Outre qu’il s’appuie sur un portrait tronqué, il accoutume à une utilisation normative d’informations qui devraient avoir avant tout une visée informative pour le public.

2004 Evaluation des pratiques professionnelles Hôpital Indicateur Qualité

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