Journée européenne d’information sur les antibiotiques 2017

Déclaration de MM. Vytenis Andriukaitis, commissaire pour la Santé et la Sécurité alimentaire, et Carlos Moedas, commissaire pour la Recherche, la Science et l’Innovation

La 10e édition de la Journée européenne d’information sur les antibiotiques a permis une nouvelle action de sensibilisation à la résistance aux antimicrobiens, l’une des plus grandes menaces qui pèsent sur la santé dans le monde.

« Chaque année, dans l’Union européenne, elle coûte la vie à 25 000 personnes et 1,5 milliard d’euros en soins de santé et en pertes de productivité ; dès lors, plus que jamais, il s’impose de redoubler d’efforts en communication. Mais sensibiliser le public ne suffit pas, il faut des actes qui aplanissent les différences et élèvent le niveau de tous les États membres à celui du plus efficace.

L’augmentation de la résistance, y compris aux antibiotiques de dernier recours tels que la colistine, nous confronte à la perspective effrayante d’un avenir « postantibiotique » qui pourrait nous voir privés de la capacité d’exécuter une intervention chirurgicale majeure ou une transplantation d’organes ou d’assurer la bonne implantation de dispositifs tels qu’une prothèse de hanche ou une valve cardiaque artificielle. En 2050, la résistance aux antimicrobiens pourrait tuer une personne toutes les trois secondes et être devenue une cause de mortalité plus fréquente que le cancer.

C’est précisément pour éviter l’avènement de cet avenir impensable que nous avons présenté le nouveau plan d’action « Une seule santé » de lutte contre la résistance aux antimicrobiens, qui s’appuie sur près de deux décennies d’action de l’Union européenne (UE) dans les secteurs de la santé humaine et de la santé vétérinaire, compte tenu des enseignements tirés des précédentes actions de l’UE. […] Ce nouveau plan d’action a pour objet de préserver notre capacité à traiter efficacement les infections chez l’homme et les animaux, et ses principaux objectifs sont les suivants : « faire de l’Union une “région de pratiques d’excellence” », « encourager la recherche et l’innovation » et « donner corps aux objectifs mondiaux ».

Nous enregistrons d’ores et déjà des progrès pour certaines de ces actions. Ainsi, en juin dernier, la Commission a-t-elle adopté les lignes directrices de l’Union pour une utilisation prudente des antimicrobiens en santé humaine ; septembre a vu le lancement de l’action commune sur la résistance aux antimicrobiens et les infections associées aux soins, à laquelle vingt-huit pays sont associés ; enfin, le mois dernier, l’European Centre for Disease Prevention and Control (ECDC), l’European Food Safety Authority (EFSA) et l’European Medicines Agency (EMA) ont adopté un avis scientifique relatif à l’établissement d’indicateurs qui concernent à la fois la santé humaine et la santé animale, et permettront à l’Union et aux États membres de mesurer les progrès accomplis.

Sur le front de la recherche, les investissements se poursuivront dans le cadre d’« Horizon 2020 » par lequel, jusqu’à présent, des projets dont le budget cumulé s’élève à 350 millions d’euros sont financés. Un montant supplémentaire de 200 millions d’euros a été engagé pour la lutte contre la résistance aux antimicrobiens au cours des trois prochaines années. En outre, l’Union s’appuiera sur ses initiatives internationales de grande envergure couronnées de succès, telles que le partenariat des pays européens et en développement sur les essais cliniques et l’initiative de programmation conjointe sur la résistance aux antimicrobiens, pour continuer à renforcer l’environnement de recherche sur la résistance aux antimicrobiens avec une portée véritablement mondiale et à favoriser les interconnexions à l’intérieur de celui-ci.

Avant la fin de cette année encore, les promoteurs de l’initiative en matière de médicaments innovants (IMI) devraient appeler le monde de la recherche à comprendre la valeur des diagnostics et les obstacles à leur adoption. Cette initiative permettra de combiner les savoir-faire de la communauté universitaire, des petites et moyennes entreprises (PME) et de l’industrie pharmaceutique et d’étendre le programme « New Drugs for Bad Bugs » de l’IMI, un programme grâce auquel des investissements massifs ont déjà été réalisés dans la lutte contre la résistance aux antimicrobiens.

[…] L’ambitieux plan d’action de l’Union est certes déjà en cours d’exécution, mais il va nous falloir redoubler d’efforts pour amener tous les pays de l’Union à un même niveau élevé et faire percoler ce niveau à l’échelle internationale. L’enjeu est on ne peut plus crucial car les estimations les plus noires indiquent que, si les taux de résistance actuels venaient à augmenter de 40 %, nous pourrions déplorer 390 000 morts par an en Europe en 2050. Seule une action commune à l’échelle de l’Union et de la communauté internationale nous permettra de maîtriser la résistance aux antimicrobiens et d’inverser son évolution. Aujourd’hui, à l’occasion de la Journée européenne d’information sur les antibiotiques, nous réaffirmons notre engagement à agir exactement en ce sens. »

Voir https://ec.europa.eu/luxembourg/news/journ%C3%A9e-europ%C3%A9enne-dinformation-sur-les-antibiotiques-2017-%E2%80%93-d%C3%A9claration-de-mm-vytenis_fr