Décaler la deuxième dose de vaccin à 6 semaines pour faire face à la flambée épidémique

Afin de protéger plus vite un plus grand nombre de personnes à risque d’hospitalisation ou de décès, la HAS préconise d’élargir à 6 semaines le délai entre 2 doses de vaccin à ARN messager (vaccins de Pfizer et de Moderna). (…) Espacer les deux doses permettrait de vacciner au moins 700 000 personnes de plus le premier mois. L’ANSM a eu l’occasion de préciser que l’AMM du vaccin Comirnaty® permettait d’espacer les deux doses de 21 à 42 jours. Pour étudier l’impact d’un recours systématique au délai de 42 jours entre la première et la deuxième dose des deux vaccins à ARNm, la HAS s’est appuyée sur des modélisations de l’Institut Pasteur. Quelle que soit l’hypothèse retenue sur le rythme de vaccination, ces modélisations montrent que cet allongement permet de vacciner plus rapidement les populations les plus à risque. Ainsi, sur le premier mois de mise en œuvre de cette mesure, ce sont au moins 700 000 personnes supplémentaires qui seraient protégées par le vaccin. D’autres modélisations réalisées au niveau international, américaines et canadiennes notamment, corroborent ces résultats. Parallèlement, à l’échelle individuelle, le risque de perte d’efficacité paraît limité. Dans les essais cliniques, le délai d’administration entre les deux doses était de 3 ou 4 semaines, mais les résultats des essais de phase 3 pour les vaccins à ARNm, actuellement disponibles, montrent une efficacité du vaccin Comirnaty® de Pfizer BioNTech qui débute à partir du 12e jour après la première dose et celle du vaccin de Moderna à partir du 14e jour après la première dose.