Coronavirus – Nettoyage des locaux d’un patient confirmé et protection des personnels

Prise en charge des draps et du linge d’un cas confirmé

  • Le déshabillage des lits ou la manipulation du linge est une intervention à risque d’aérosolisation, bien connue pour de nombreux micro-organismes. Il convient donc d’encadrer l’étape de récupération du linge et des draps et de proposer un équipement de protection individuel.
  • Selon Santé Canada et par analogie avec le coronavirus du syndrome respiratoire aigu sévère (SARS-CoV) et le coronavirus du syndrome respiratoire du Moyen-Orient (MERS-CoV), un cycle en machine de 30 minutes à 60 °C serait de nature à détruire ces virus. Par précaution, le centre européen de prévention et contrôle des maladies propose une température de 90 °C.

Entretien des sols

  • L’usage d’un aspirateur mobilise des particules sur lesquelles des micro-organismes se sont déposés et les aérosolise. Une stratégie de lavage-désinfection humide est préférable.
  • Il faut respecter un délai minimum entre la prise en charge du linge et des draps et le bionettoyage des sols et surfaces, pour permettre la sédimentation des particules aérosolisées et réduire le risque d’exposition par voie aérienne lors du bionettoyage des sols.
  • Une désinfection de l’environnement des cas confirmés peut être obtenue par l’usage d’eau de Javel à une concentration de 0,5% (5 000 ppm) ou de tout autre produit validé par la norme EN 14 476 en suivant les recommandations du fabricant.
  • En effet, à ce jour, aucun désinfectant n’a été testé sur le SARS-CoV-2. La norme EN 14 476 utilise deux virus test dont le poliovirus qui est un virus nu, particulièrement résistant. Compte tenu des incertitudes quant à la survie des coronavirus et à l’activité des produits désinfectants, et dans ce contexte de virus émergent ayant un pouvoir pathogène important et entraînant des maladies sans traitement spécifique, il est légitime de proposer une « stratégie de sécurité », visant une activité validée sur un virus particulièrement résistant (poliovirus).

Protection des personnes

  • La tenue et les protections sont différentes en fonction du type d’intervention et de la probabilité et l’intensité de l’exposition.
  • Les équipes en charge du linge et de la literie sont plus exposées au risque d’exposition par aérosolisation et doivent se protéger en particulier par un appareil de protection respiratoire et des lunettes de protection (norme EN166).
  • Les équipes en charge du bionettoyage des locaux (sol et surfaces) ne sont pas exposées par voie aérienne et une simple protection de leur tenue par une surblouse et un port de gant de ménage peuvent suffire sans protection respiratoire.
  • Si les mêmes personnels interviennent pour le traitement du linge et de l’environnement (sol et surface), il convient de leur proposer des équipements de protection individuelle appropriés au risque.
  • Un délai de latence pour intervenir est souhaitable, sans qu’il soit possible en l’état actuel des connaissances de définir une durée seuil garantissant l’absence de risque.

Suivi des personnes chargées de l’entretien du linge et de l’environnement

  • Les personnes qui manipulent le linge de la chambre ou du logement d’un cas confirmé ne sont pas définies comme des personnes exposées si les mesures de protection recommandées sont strictement observées, car elles garantissent l’absence d’exposition à un risque de transmission.
  • Le risque de transmission pourrait toutefois être réel en cas d’accident ou de non-respect des mesures de protection recommandées, le risque étant défini comme faible. En cas de survenue d’une telle situation, tout professionnel devrait en informer le service de santé au travail dont il dépend pour établir la conduite à tenir.

https://www.hcsp.fr/explore.cgi/avisrapportsdomaine?clefr=761

Conduite à tenir pour les personnels hospitaliers de retour de zones d’exposition à risque

Pour les soignants revenant d’une zone dans laquelle circule le virus SARS-CoV-2 :

  • que tout personnel hospitalier ou étudiant ayant séjourné dans une zone à risque se signale à sa hiérarchie, qui garantira la traçabilité ;
  • que tout personnel de soin ayant fréquenté un hôpital ou un secteur de soin pendant son séjour dans une zone à risque soit astreint à une éviction de 14 jours, à son domicile (en application du décret n° 2020-73 du 31 janvier 2020) ;
  • que les autres personnels hospitaliers ayant séjourné dans une zone à risque :
    • ne soient pas astreints à une éviction systématique, car non justifiée ;
    • appliquent strictement les mesures d’hygiène standard, notamment l’hygiène des mains, et portent un masque chirurgical 2 pendant la totalité du temps de travail, sur une durée de 14 jours ; ce masque doit être changé au minimum toutes les 4 heures et chaque fois qu’il a été enlevé ;
  • que les professionnels de santé en formation (étudiants hospitaliers des premiers et deuxièmes cycles des études de médecine, odontologie, pharmacie et maïeutique et des filières paramédicales) ayant séjourné dans une zone à risque et n’ayant pas d’activité directe en termes de soins soient astreints à une éviction pendant 14 jours ;
  • que soient mises en œuvre toutes les mesures permettant de faciliter l‘application des présentes recommandations.

Pour l’ensemble des personnels hospitaliers revenant d’une zone dans laquelle circule le virus SARS-CoV-2 :

  • que les personnels suivent les recommandations applicables à toute personne revenant de zone à risque 1 d’exposition au SARS-CoV-2.
  • que les personnels hospitaliers évitent de se rendre dans des zones à risque 1 d’exposition au SARS-CoV-2.

https://www.hcsp.fr/explore.cgi/avisrapportsdomaine?clefr=762