La qualité des services de santé : un impératif mondial en vue de la couverture santé universelle

Ce document montre l’importance décisive de la qualité dans la prestation des soins de santé. Au moment où les pays s’engagent à atteindre la couverture santé universelle d’ici 2030, on admet de plus en plus que, pour dispenser des soins optimaux, l’existence simultanée d’une infrastructure, de fournitures médicales et de prestataires de soins ne saurait suffire. L’amélioration de la prestation des soins de santé exige de mettre délibérément l’accent sur la qualité des services de santé, afin de dispenser en temps opportun des soins efficaces, sûrs et centrés sur la personne selon des modalités équitables, intégrées et efficientes. Par qualité des soins, il faut entendre le degré auquel des services de santé s’adressant à des individus et à des populations accroissent les chances d’obtenir les résultats de santé souhaités et sont conformes aux connaissances professionnelles actuelles. Les données montrent que, dans la plupart des pays, en particulier les pays à revenu faible et moyen, le niveau de qualité des soins est sous optimal, comme le montrent les faits suivants :

  • l’application effective des lignes directrices pour la pratique clinique dans huit pays à revenu faible et moyen est inférieure à 50% dans plusieurs types de situations, aboutissant à des soins prénatals et infantiles de qualité insuffisante et à des pratiques de planning familial inadéquates ;
  • l’initiative sur les indicateurs de prestation des services fait apparaître dans sept pays à revenu faible et moyen d’importantes variations en termes d’absentéisme des prestataires de soins (de 14,3 à 44,3%), de productivité quotidienne (de 5,2 à 17,4 patients), de précision du diagnostic (de 34 à 72,2%) et d’application des lignes directrices pour la pratique clinique (de 22 à 43,8%) ;
  • une analyse systématique de 80 études montre que les pratiques cliniques sous optimales sont courantes dans les établissements de soins primaires, tant publics que privés, de plusieurs pays à revenu faible et moyen ;
  • les données de l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE) sur les pays à revenu faible et moyen montrent que, dans ces pays, entre 19 et 53% des femmes âgées de 50 à 69 ans n’ont pas accès au dépistage par mammographie et qu’entre 27 et 73% des adultes âgés (65 ans et plus) ne sont pas vaccinés contre la grippe.

https://apps.who.int/iris/bitstream/handle/10665/324737/9789242513905-fre.pdf