Pour des antibiothérapies plus courtes

À lire dans Médecine et Maladies infectieuses, les prises de position de la Société de pathologie infectieuse de langue française en faveur d’une réduction (de 7 à 5 jours) de la durée habituelle des traitements antibiotiques, comme moyen de réduction de la consommation et des résistances. C’est d’ailleurs une des recommandations du programme national d’actions de prévention des infections associées aux soins (Propias) 2015.

Les antibiothérapies plus longues devraient concerner des « indications rares » comme les endocardites, les infections ostéo-articulaires et les prostatites. L’analyse de la littérature met en évidence la nécessité de conduire des études visant à évaluer les durées de traitement optimales pour quelques infections communes. Plusieurs travaux suggèrent un risque de résistance plus important avec des traitements plus longs.

Médecine et maladies infectieuses, 2017; 47: 92-141

Plus récemment une équipe internationale, coordonnée par Céline Pulcini (service maladies infectieuses au CHRU de Nancy), a préconisé une organisation exigeant des équipes d’appui à l’antibiothérapie : équipes de deux à six équivalents temps plein (ETP) pour cent lits d’hôpitaux, pourvus par des spécialistes avec des expertises différentes et des financements pérennes pour garantir l’activité, sans limiter leur déploiement aux seuls hôpitaux. « Tout doit être fait pour maintenir l’efficacité des antibiotiques face à des bactéries de plus en plus résistantes. Il faut donc que les bons traitements soient prescrits aux bons patients à la bonne dose et pour une durée la plus courte possible. Si les prescripteurs ont pris conscience du problème de l’antibiorésistance, nous savons aujourd’hui que des équipes multidisciplinaires en antibiothérapie peuvent les aider à mieux prescrire les antibiotiques ».