Hygiènes
Volume XVI - n°1 Mars 2008
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Le Dernier Numéro
Le Sénégal face aux infections associées aux soins : actualités et perspectives
B. Ndoye, D. Massenet
Résumé > À de rares exceptions près, les établissements sénégalais ont des pratiques de soins et de fonctionnement bien éloignées de celles en vigueur dans les pays développés. Les facteurs du risque infectieux associés aux soins y sont très nombreux, expliquant les fréquentes épidémies sur un fond endémique. Parmi ces facteurs défavorables, on notera la présence permanente d’accompagnants auprès des malades, des fréquents glissements de tâches entre les différentes catégories professionnelles, l’absence de protocoles, l’insuffisance de la formation en hygiène… En l’absence de surveillance épidémiologique, la situation est cependant difficile à évaluer. Dans le cadre de l’aide au développement, un crédit de près de 6 millions d’Euros a été mis à disposition pour équiper les structures et former les personnels de santé à l’hygiène hospitalière. Ensuite, un Programme National de Lutte contre les Infections Nosocomiales (PRONALIN) a été élaboré. Il repose sur la mise en place de structures de coordination au niveau national, régional et local (tous les hôpitaux du Sénégal disposant d’un Comité de lutte contre les infections nosocomiales). Il fixe des objectifs prioritaires réalistes, compte tenu des ressources humaines et matérielles disponibles : l’amélioration de l’hygiène Mots-clefs : Infection Croisée – Lutte contre Infection – Hôpital – Planification Santé Publique et Services Gouvernementaux Concernés – Sénégal.
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Prévention du risque aspergillaire dans le cadre de travaux : l’expérience des hôpitaux universitaires de Strasbourg
C. Hernandez, T. Lavigne, J. Foeglé, O. Meunier
Résumé > Les professionnels amenés à conduire des travaux dans les établissements de soins ne connaissent généralement pas le risque d’aspergillose et les mesures à mettre en œuvre pour maîtriser ce risque. Devant ce constat, les praticiens du service d’hygiène hospitalière des Hôpitaux universitaires de Strasbourg ont été amenés à concevoir une stratégie de prévention, reposant notamment sur l’élaboration d’une fiche de coordination pour tous travaux engagés afin de synthétiser leurs caractéristiques et les mesures de prévention qu’ils nécessitent, et sur des actions de formation destinées aux entreprises extérieures sous contrat. Utilisée depuis dix ans, la fiche de coordination des travaux a permis au service d’hygiène hospitalière d’encadrer de nombreux chantiers susceptibles d’exposer des patients immunodéprimés. Elle a apporté aux cadres des services de soins des informations relatives au bionettoyage et aux contrôles à effectuer après la phase d’intervention des services techniques. Elle a permis de fédérer des professionnels de métiers différents et de développer une culture institutionnelle du risque microbiologique. Depuis la mise en œuvre de cette stratégie, aucun chantier n’a été identifié comme étant à l’origine de cas d’infection fongique. Mots clés : Aspergillose – Lutte contre Infection – Hôpital – Conception et Construction Hôpital – Facteurs de Risque.
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Mise en place d’un programme de prévention de l’endométrite après accouchement par voie basse
S. Gardes, P. Ferrarese, F. Abad, M. Cohen, V. Sirand, A.-M. Dumas, E. Gay, L. Ayzac, E. Caillat-Vallet, M. Berland, R. Girard
Résumé > Depuis 2001, le réseau de surveillance épidémiologique MATER Sud-Est a introduit le ratio standardisé d’infection nosocomiale (RSIN) pour permettre aux établissements de se comparer entre eux. De 2001 à 2003, les RSIN de la maternité du Centre hospitalier Lyon-Sud la plaçaient en mauvaise position par rapport aux autres maternités en ce qui concerne les endométrites après accouchements par voie basse (AVB). L’objectif de notre travail était donc de diminuer le nombre d’endométrites après AVB par la mise en place d’un programme de prévention basé sur l’harmonisation et l’amélioration des pratiques de soins. Méthode : De mai 2005 à novembre 2006, ce programme a comporté communication des résultats de la surveillance auprès des équipes de soins, recherche bibliographique, rédaction de protocoles et audit de pratiques. Le suivi des résultats des RSIN ainsi que des résultats de la surveillance ont permis de mesurer directement l’impact du programme. Résultats : Des protocoles adaptés au recrutement, aux locaux et aux équipements ont été rédigés en prenant en compte le niveau de risque infectieux de chaque acte. D’après les résultats de l’audit, le port du masque après rupture des membranes et l’observance générale de la désinfection des mains étaient satisfaisants. Mais l’ensemble des mesures de prévention n’étaient pas encore totalement appliquées. Ce programme a permis une amélioration des pratiques objectivables par les données de la surveillance. Conclusion : La restitution des résultats de la surveillance est l’occasion de rappeler à l’équipe soignante les mesures de prévention validées et leur justification. Par ailleurs, la diffusion des recommandations de bonnes pratiques se poursuit, notamment par le biais de l’élaboration d’un livret d’accueil des nouvelles sages-femmes. Mots-clefs : Maternité, Hôpital – Endométrite – Délivrance Obstétrique – Lutte contre Infection – Qualité des Soins – Recommandations – Audit Clinique – Mesures Épidémiologiques.
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Évaluation multicentrique des pratiques d’antibioprophylaxie chirurgicale en région stéphanoise
F. Dufour, P. Berthelot, J.-P. Lachat, M. Cobo, J.-P. Chaussinand, G. Braly, S. Molliex, C. Auboyer
Résumé > Les variations de pratiques médicales ont fait l’objet de constats réitérés en matière d’antibioprophylaxie (ABP), notamment en France. Notre étude avait pour but d’évaluer l’adéquation aux recommandations nationales et locales de l’ABP chirurgicale dans la région stéphanoise. Méthode : Une étude multicentrique a été réalisée au moyen de l’auto-évaluation des médecins anesthésistes au sein du centre hospitalier universitaire de Saint-Étienne, de trois centres hospitaliers et d’une clinique. Le référentiel de pratiques professionnelles sur l’ABP périopératoire, publié par le Collège français des anesthésistes-réanimateurs (CFAR) en juin 2005, a été utilisé. Résultats : 1100 dossiers patient ont pu être analysés. Sur l’ensemble des dossiers étudiés, en prenant en compte les 984 dossiers pour lesquels la conférence de consensus de la Société française d’anesthésie réanimation de 1999 (CC 99) recommandait ou non une ABP, la conformité globale de l’indication était de 88 %, avec 6 % d’excès et 6 % d’oublis. Les taux de conformité moyens étaient de 52,1 %, 34,8 %, 89,6 %, 63 % respectivement pour la programmation de l’ABP en consultation pré-anesthésique, la prise en compte des particularités du malade pouvant modifier l’ABP sur le dossier pré-anesthésique, la mention de l’heure de l’incision chirurgicale sur la fiche d’anesthésie peropératoire, l’indication de l’heure d’administration sur le dossier d’anesthésie. La moyenne de conformité du délai entre heures d’administration et d’incision était de 39,7 %. Conclusion : Notre étude, en s’intégrant dans une démarche d’évaluation des pratiques professionnelles, a permis l’implication de la plupart des médecins anesthésistes-réanimateurs des établissements concernés et leur prise de conscience d’éventuelles erreurs de pratique d’ABP. Elle a initié la mise en place d’actions d’amélioration spécifiques, notamment la rédaction de nouveaux protocoles dans chaque service. Un deuxième audit doit être réalisé afin d’évaluer leur application. Mots-clefs : Chimioprophylaxie – Antibactériens – Infection de Plaie Opératoire – Lutte contre Infection – Pratique Professionnelle – Évaluation Méthodes Santé – Hôpital – France.
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Réservoirs environnementaux d’Acinetobacter baumannii dans les chambres des patients : impact potentiel sur la transmission croisée
S. Legast, J. Crouzet, M. Thouverez, D. Talon
Résumé > Au cours d’une étude prospective incluant les patients colonisés/infectés par Acinetobacter baumanni (Ab), nous avons surveillé le niveau de contamination de l’environnement des chambres en situation considérée comme non épidémique et en l’absence de souches multirésistantes aux antibiotiques. Méthode : les patients présentant un prélèvement positif à A. baumannii (Ab) étaient inclus prospectivement. Les prélèvements étaient réalisés à distance de l’entretien de la chambre entre 14 et 16 heure une fois par semaine pour chaque patient inclus jusqu’à la sortie de celui-ci ou jusqu’à la 4e semaine en cas de présence prolongée. Ceux-ci comprenaient des écouvillonnages de surfaces (PS) et des prélèvements d’air (PA). Les souches cliniques et environnementales d’Ab ont été typées par détermination du profil de macrorestriction de l’ADN total. Résultats : sur un total de 728 prélèvements environnementaux réalisés au cours des 91 séquences, 21 (2,8 %) prélèvements (2,2 % des PS et 4,0 % des PA) étaient positifs à Ab au cours de 17 des 91 séquences (18,7 %) dans les chambres de 14 des 36 patients inclus (38,9 %). Douze souches environnementales appartenaient aux clones des patients correspondants et dans 9 cas présentaient des génotypes différents. Parmi ces 9 souches, une présentait un génotype micro-épidémique et deux présentaient des génotypes épidémiques. Au total, les clones micro-épidémiques et épidémiques isolées chez 10 (27,8 %) des 36 patients inclus ont été retrouvés dans 10 (62,5 %) des 16 séquences positives. Conclusion : notre étude confirme que l’environnement des chambres des patients colonisés et/ou infectés par Ab est souvent contaminé. L’environnement peut jouer un rôle important dans la pérennisation des épidémies hospitalières. Mots-clefs : Acintebacter baumannii – Réservoirs de Maladie – Chambre Malade – Air – Matières Contaminées – Infection Croisée – Hôpital.
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Place des points d’eau des chambres de réanimation comme réservoirs de contamination des patients par Pseudomonas aeruginosa
P. Cholley, M. Thouverez, D. Talon
Résumé > L’objectif de notre étude était de faire le point sur le rôle de l’environnement hydrique dans la contamination des patients hospitalisés en réanimation, en l’absence de toute épidémie identifiée. Méthode : Des prélèvements d’environnement ont été réalisés au niveau des points d’eau des chambres de deux services de réanimation du centre hospitalier universitaire de Besançon de façon hebdomadaire, indépendamment du statut des patients par rapport à P. aeruginosa. Le statut des patients par rapport à la colonisation/infection par P. aeruginosa a été suivi par la réalisation, en plus des prélèvements à visée diagnostique, de prélèvements de dépistage de façon hebdomadaire. L’isogénicité des souches cliniques et environnementales a été recherchée par détermination des profils de macrorestriction de l’ADN total par électrophorèse en champ pulsé. Résultats : Malgré une contamination très lourde de l’environnement hydrique, un seul patient sur les 14 évaluables a été infecté par un clone présent préalablement dans l’environnement hydrique de sa chambre. En conclusion, si le rôle de l’environnement hydrique sur l’acquisition de P. aeruginosa par les patients hospitalisés en réanimation est indiscutable, la part attribuable semble plus faible, hors situation épidémique, que celle attendue par de nombreuses équipes opérationnelles d’hygiène hospitalière. Mots-clés : Pseudomonas aeruginosa – Réservoirs de Maladie – Soins Intensifs – Chambre Malade – Eau – Matières Contaminées – Infection Croisée – Hôpital
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Le risque de grippe chez l’immunodéprimé : manifestations cliniques et prévention
S. Malavaud
Résumé > La grippe, virose respiratoire hivernale très contagieuse, présente un risque accru pour les patients immunodéprimés, avec une fois sur deux une évolution vers une forme pulmonaire grave, et parmi eux, une fois sur quatre des surinfections pulmonaires, des manifestations extra-respiratoires étant également possibles. La grippe peut également être responsable de rejet ou de dysfonctionnement du greffon chez les patients transplantés. Les performances du diagnostic virologique se sont accrues avec les techniques récentes de biologie moléculaire. La quantité de virus et une excrétion prolongée chez le patient immunodéprimé multiplie les opportunités de transmission nosocomiale et le risque d’émergence de souches résistantes aux médicaments anti-viraux connus. L’approche préventive doit conjuguer : des mesures d’hygiène de base, complétées par des précautions particulières adaptées ; la vaccination, qui malgré une réponse moindre des sujets immunodéprimés, doit être proposée non seulement aux patients mais aussi à leur entourage ; les anti-viraux, en chimioprophylaxie selon le contexte ou en traitement précoce post-contact. Mots-clefs : Grippe Humaine – Sujet Immunodéprimé – Facteur de Risque – Diagnostic – Lutte contre Infection.
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