Hygiènes Volume XVII - n°4 Juin 2009
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Le Dernier Numéro
« Mission mains propres » en faveur de l’hygiène des mains dans les établissements de santé - Évaluation de l’action nationale française 2008
V. Drouvot, L. May-Michelangeli, V. Salomon
Résumé > Le ministère français chargé de la Santé a décidé d’une journée nationale d’information et de sensibilisation consacrée à l’hygiène des mains réalisée dans tous les établissements de santé (ES). Baptisée « Mission mains propres » (MMP) avec le slogan « Des mains désinfectées = des risques évités », elle s’est déroulée le 23 mai 2008. Des outils de campagne standardisés avaient été adressés par voie postale aux 4 401 structures du territoire national. Cette initiative a fait l’objet d’une évaluation, dont l’objectif était d’identifier les points faibles de la campagne, afin d’optimiser les campagnes à venir. Méthode. À la demande du ministère, les cinq Centres de coordination de la lutte contre les infections nosocomiales (CCLIN) ont sollicité les ES de leur inter-région pour recueillir les données relatives à la mise en œuvre de la campagne. Au total, 2 981 ES ont été sollicités. Résultats. 59 % des ES (1 706 sur 2 891) ont participé à l’évaluation. 1 651 des ES répondants avaient réalisé la journée, soit 57 % des ES du territoire. Parmi ceux-ci, 95 % ont utilisé l’affiche, 88 % les plaquettes destinées aux professionnels et 84 % celles destinées aux usagers. Au total, 139 509 personnes ont participé à la journée MMP, dont 89 939 professionnels de santé et 47 987 usagers ou visiteurs. Les ES ont souligné l’impact d’une telle journée en termes de sensibilisation à l’hygiène des mains. Il a été principalement regretté la réception trop tardive des outils et la mobilisation difficile de certains professionnels. Conclusion. La campagne MMP en 2008 a mobilisé un grand nombre d’ES, de professionnels et d’usagers et la liberté d’organisation laissée à chaque ES a permis la richesse et la diversité des actions mises en œuvre. Tenant compte de cette évaluation, le champ de la campagne 2009 s’est élargi à de nouveaux acteurs.
Mots-clefs : France – Gestion de la Sécurité – Patients – Lutte contre Infection – Lavage des Mains – Main – Désinfection – Hôpital – Études Évaluation.
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« Mains propres : vies sauvées » : le défi continue pour l’Organisation mondiale de la santé
D. Pittet, C. Engineer, C. Kilpatrick, S. Bagheri Nejad, M.-N. Chraiti, J. Storr, E. Mathai, L. Resal, A. Leotsakos, H. Sax, B. Allegranzi
Résumé > Chaque jour, 1,4 million de patients contracte une infection dans les hôpitaux à travers le monde. À cela, s’ajoutent toutes celles acquises au cours de soins extrahospitaliers. En octobre 2005, l’Organisation mondiale de la santé (OMS) lançait le premier défi mondial pour la sécurité des patients, avec pour objectif de réduire les infections liées aux soins, notamment par la promotion de l’hygiène des mains. Ce programme a été baptisé « Clean Care is Safer Care » (« Un soin propre est un soin plus sûr »). Entre octobre 2005 et mai 2009, 120 pays, représentant plus de 85 % de la population mondiale, y ont adhéré, faisant de la prévention des infections une priorité de leur politique de santé. À ce jour, 40 d’entre eux ont développé des campagnes de promotion à l’échelle nationale, diffusant largement les outils élaborés par l’OMS. Le 5 mai 2009, l’OMS a rappelé l’importance cruciale de l’hygiène des mains au cours des pratiques de soins dans le cadre d’une journée mondiale de sensibilisation. Les recommandations de l’OMS pour l’hygiène des mains au cours des soins et la stratégie de promotion largement testée et validée sont mises à disposition, ainsi que des outils validés, nouveaux ou révisés, destinés aux établissements de soins du monde entier. Ceux-ci aident les établissements à mesurer leur performance en matière d’hygiène des mains et à mettre en œuvre une stratégie de promotion efficace et pérenne. Les hôpitaux et établissements de soins sont invités à s’engager dans ce projet. L’objectif est de fédérer au moins 10 000 établissements de par le monde d’ici au 5 mai 2010. L’occasion de rappeler aux soignants du monde entier qu’à chaque étape du processus de soins, c’est au sens propre la vie des patients qu’ils tiennent entre leurs mains.
Mots-clefs : Organisation Mondiale de la Santé – Gestion de la Sécurité – Patients – Lutte contre Infection – Lavage des Mains – Main – Désinfection – Hôpital.
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Dysfonctionnements et complications infectieuses des cathéters veineux centraux de longue durée pour hémodialyse chronique
B. Canaud, H. Leray-Moraguès, A. Gontier-Picard, L. Chenine
Résumé > Les cathéters veineux centraux (CVC) sont indispensables à la gestion d’un programme thérapeutique de l’insuffisance rénale chronique. Les CVC demeurent néanmoins une arme à double tranchant : ils permettent de poursuivre sur le mode ambulatoire la thérapie de suppléance rénale en cas de perte de l’accès vasculaire permanent, mais en revanche, ils constituent une source de dysfonctionnements et de complications (infection, thrombose, sténose). Minimiser les risques associés aux CVC et optimiser leurs performances s’imposent donc en pratique quotidienne. La formation du personnel soignant, l’éducation des patients porteurs de CVC et la mise en place de protocoles d’utilisation sont les trois principales règles de bonnes pratiques. L’hygiène et les règles d’asepsie lors de la manipulation des cathéters préviennent de façon significative les infections de CVC. Selon de récentes études, l’utilisation régulière de solutions de verrouillage mixte antithrombotique et antiseptique s’annonce prometteuse et seule capable de réduire de façon significative les complications thrombotiques et infectieuses des CVC.
Mots clés : Dialyse Rénale – Cathétérisme Veineux Central – Cathétérisme Prolongé – Infections Liées au Cathéter – Thrombose – Prévention – Unités d’Hémodialyse, Hôpital.
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Prélèvements positifs à Staphylococcus aureus résistant à la méticilline dans un service d’accueil d’urgences : origine hospitalière ou communautaire?
B. Tequi1, M.-E. Juvin, L. Moret, N. Asseray, G. Potel, H. Drugeon
Résumé > L’objectif de ce travail a été d’analyser l’origine communautaire ou hospitalière des Staphylococcus aureus résistants à la méticilline (SARM) identifiés à partir d’un service de service d’accueil d’urgences (SAU). Méthode. L’étude rétrospective a porté sur le SAU « adultes » du centre hospitalier universitaire de Nantes du 1er janvier 2003 au 31 décembre 2006. Les isolats de SARM inclus étaient issus des prélèvements à visée diagnostique réalisés au SAU. Résultats. 81 SARM ont été identifiés parmi les 291 isolats de S. aureus. La prévalence de la résistance à la méticilline a diminué, passant de 33 % à 28 % de 2003 à 2006, mais de façon non significative. L’âge moyen des patients concernés était de 77 ans (extrêmes 44-101). Des antécédents d’hospitalisation ont pu être identifiés pour la presque totalité des patients (76/81, 94 %). Pour quatre patients, il n’a pas été possible de confirmer ou non l’existence d’une hospitalisation antérieure. L’absence d’hospitalisation antérieure a pu être établie avec certitude pour un patient âgé de 45 ans en bonne santé admis pour une plaie de main infectée. Une identification d’un isolat de SARM antérieure au passage au SAU a été retrouvée chez 14 patients sur 81 (17 %). L’information n’avait été transmise au SAU pour aucun d’entre eux. Conclusion. Si la majorité des patients porteurs de SARM identifiés dans notre étude provenaient de leur domicile, des critères évocateurs d’une origine hospitalière des SARM ont été retrouvés, à l’exception d’un seul patient. Le raccourcissement des durées de séjour et le portage prolongé de SARM conduisent à sous-estimer son acquisition hospitalière. Le SAU constitue une plaque tournante et la surveillance épidémiologique doit s’attacher à détecter toutes modifications à ce niveau, et en particulier une éventuelle introduction de SARM communautaires au sein de l’établissement.
Mots-clefs : Staphylococcus aureus – Résistance à la Méthicilline – Infections Communautaires – Service d’Urgences, Hôpital – Épidémiologie – Facteurs de Risque – Lutte contre Infection – Études d’Évaluation.
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Évaluation de l’efficacité d’une désinfection renforcée des endoscopes digestifs après maintenance
S. Gotty, C. Gille, M. Antonietti, V. Merle, A. Grosjean, E. Lerebours, M. Nouvellon
Résumé > Une précédente étude réalisée au centre hospitalier universitaire de Rouen avait montré la contamination microbiologique anormalement élevée des endoscopes digestifs en retour de maintenance (ERM) et ayant subi un seul cycle de nettoyage/désinfection (ND). Une procédure de ND dite « renforcée » pour tout ERM avait été mise en œuvre, consistant en un nettoyage et un écouvillonnage de l’ensemble des canaux de l’endoscope, suivi de quatre cycles complets de ND. Après deux ans de mise en application, l’efficacité de cette procédure a fait l’objet d’une évaluation. Méthode. Les endoscopes étaient traités en laveur-désinfecteurs ASP 5000® (Johnson&Johnson), avec une désinfection de haut niveau. De janvier 2005 à décembre 2005 (période A), les contrôles microbiologiques ont été réalisés sur les ERM après un ou plusieurs cycles de ND jusqu’à obtention de résultats satisfaisants. De février à juin 2007 (période B), les ERM ont fait l’objet de prélèvements, après application de quatre cycles de ND. Pour chaque ERM, un endoscope témoin ayant subi un seul cycle de ND a été étudié en parallèle. Résultats. Au total, 40 endoscopes ont fait l’objet de prélèvements au cours de la période A et 28 pour la période B. Le nombre d’ERM ayant des résultats microbiologiques satisfaisants après quatre cycles de ND (N = 15/22) était significativement plus élevé que le nombre d’ERM ayant bénéficié de moins de quatre cycles de ND avec résultats satisfaisants (p = 0,00005). De plus, la qualité microbiologique des « témoins » restait significativement supérieure à celle des ERM et ce, même après quatre cycles successifs de désinfection de haut niveau (p = 0,02). Conclusion. La procédure de ND renforcée applicable systématiquement à tout endoscope revenant de maintenance est utile et contribue à la maîtrise du risque infectieux lié aux gestes endoscopiques.
Mots-clés : Endoscope, Gastro-intestinal – Désinfection – Maintenance – Lutte contre Infection – Gestion du Risque – Études d’Évaluation.
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Randomisation et taille de l’échantillon pour un audit en hygiène hospitalière
I. Fournel, M. Soulias, S. Lalléchère, C. Hua, M. Tiv, K. Astruc, L.-S. Aho
Résumé > Dans un audit clinique, l’évaluation exhaustive des pratiques professionnelles est difficile. En pratique, il faut chercher à constituer un échantillon d’observations représentatif de la population source et de taille suffisante. La population cible est définie selon le contexte et l’objectif de l’audit. Pour évaluer les pratiques d’hygiène hospitalière à l’échelle d’un établissement, il est nécessaire de tenir compte du fait qu’elles tendent à se ressembler au sein d’un même service (effet grappe) et le calcul du nombre de sujets nécessaires doit le prendre en compte. La définition du nombre d’observations nécessaires repose le plus souvent sur la précision souhaitée de l’estimation du pourcentage de conformité, mais elle peut aussi s’appuyer sur la comparaison du pourcentage observé au pourcentage attendu, ou sur la comparaison des pourcentages de conformité avant et après la mise en place des actions d’amélioration. Ainsi, pour obtenir un meilleur reflet de la conformité globale des pratiques au niveau d’un établissement, à moyens constants, les auteurs proposent de privilégier l’audit d’un nombre important de services, même si les observations au sein de chaque service sont peu nombreuses, plutôt que l’audit de nombreux soins dans un nombre restreint de services. Il conviendra, afin de garantir une bonne représentativité des résultats, de procéder à une randomisation des actes audités. Le choix de cette stratégie est toutefois à discuter en fonction du contexte de la demande d’audit, de son objectif et de la nature des actions d’amélioration à envisager.
Mots-clefs : Audit Clinique – Projet Recherche – Dimension des Echantillons – Randomisation – Analyse en Grappes – Etudes d’Evaluation – Contrôle de l’Infection – Qualité des Soins – Adhésion aux Directives – Hôpital.
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En direct des…31es Journées nationales d’études sur la stérilisation dans les établissements de santé - 8 et 9 avril 2009 - Marseille
V. Chaudier-Delage
Résumé > Le centre d’études et de formation hospitalières (CEFH) est une association de type loi 1901, créée en 1978 par un consensus entre les syndicats de pharmaciens hospitaliers, l’administration, les facultés de pharmacie et de médecine, et le syndicat national de l’industrie pharmaceutique. Dès ses débuts, le CEFH a développé une expertise dans le domaine de la stérilisation, en lien avec les experts du domaine et l’industrie pharmaceutique. Cette expertise a été officiellement mise au service des professionnels de santé par l’organisation de formations théoriques et pratiques depuis 1981, sous le patronage de l’école nationale de la santé publique, comme l’a indiqué la circulaire n° 702 du 7 avril 1982 relative aux Bonnes pratiques de stérilisation dans les établissements publics de soins. Parallèlement, chaque année depuis 1978, le CEFH organise les Journées nationales d’études sur la stérilisation dans les établissements de santé, qui constituent la plus importante manifestation en France dans ce domaine et l’un des événements majeurs au plan européen. Les 31es journées, qui ont eu lieu à Marseille, les 8 et 9 avril 2009, ont rassemblé 1 700 participants et une centaine d’exposants. Parmi les principaux thèmes abordés en séances plénières, figuraient « l’humain au cœur de la stérilisation », la gestion des risques en stérilisation, l’efficacité des produits détergents vis-à-vis des prions et la désinfection des dispositifs médicaux thermosensibles d’ophtalmologie.
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