Hygiènes Volume XIX - n°6 Décembre 2011
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Le Dernier Numéro
L’hygiène des mains dans les établissements de santé de l’inter-région ouest : consommation des produits hydro-alcooliques et des savons en 2009 et leur évolution depuis 2006
M. Pérennec, M.-A. Ertzscheid, I. Girot, M. Dixon, M. Aupée
Résumé >
Objectifs. Évaluer au sein des établissements de santé (ES) de l’inter-région ouest, les consommations en produits d’hygiène des mains (PHM), savons doux (SD), savons antiseptiques (SA), produits hydro-alcooliques (PHA). Matériel et méthodes. L’étude concernait des ES volontaires et comprenait le recueil des consommations 2009 en PHM pour l’ES et pour ses unités. Un indicateur de consommation a été calculé pour 1000 journées-patients (JP). Résultats. Au total 143 ES ont participé (486 unités). Les réanimations étaient les plus gros consommateurs de PHM en 2009 avec 207,7 ml/JP : la consommation des PHA dépassait celle des SD (116 ml/JP contre 72 ml/JP) et la consommation des SA était en forte baisse depuis 2007. Dans pratiquement tous les types d’unité, les PHA augmentaient significativement. Une cohorte de 66 ES suivie depuis 2006 a confirmé cette tendance (consommation médiane de 4 ml en 2006 et de 14,3 ml/JP en 2009). Conclusion. L’intérêt de l’étude se confirme chaque année de par sa complémentarité aux audits de pratiques et du peu de références dans la littérature sur les consommations en PHM. Plusieurs facteurs associés pourraient contribuer à la hausse significative des savons et PHA : audits, Journée mondiale du 5 mai, calcul de l’indicateur de consommation de produits hydro-alcooliques et travail de sensibilisation et d’information continu des équipes opérationnelles d’hygiène.
Mots-clés : Hygiène des Mains – Infection associée aux Soins – Hygiène hospitalière – Produits d’Hygiène des Mains – Consommation.
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Impact des précautions complémentaires et des consommations d’antibiotiques sur l’incidence des cas acquis d’infections ou de colonisations à Acinetobacter baumanni : une étude multiservice sur dix ans
A. Lefebvre, H. Gbaguidi-Haore, M. Thouverez, X. Bertrand, D. Talon
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Acinetobacter baumannii est un pathogène opportuniste émergent dans les hôpitaux. Il est responsable d’endémies et d’épidémies impliquant des souches multirésistantes, dont le contrôle constitue un enjeu majeur actuel. Une étude écologique a été réalisée au centre hospitalier universitaire de Besançon afin d’évaluer l’impact des précautions complémentaires contact et des consommations d’antibiotiques sur l’incidence annuelle des cas acquis d’infections ou de colonisations à A. baumannii au niveau du service. La corrélation entre les mesures répétées des différentes variables (précautions contact, consommations d’antibiotiques par classes, etc.) étudiées chaque année (entre 2000 et 2009), et dans chaque service, a été prise en compte grâce à deux approches : un modèle à effets aléatoires, et un modèle marginal « generalized estimating equations ». Les deux approches donnaient des résultats concordants concernant les facteurs indépendamment associés à l’incidence des cas acquis que sont les précautions contact (association négative, p < 0,001), les consommations de fluoroquinolones (corrélation positive, p < 0,05), l’hospitalisation en réanimation (association positive, p < 0,001), et l’année (corrélation positive, p < 0,05). Cette étude confirme donc l’efficacité des précautions contact en complément des précautions standard pour le contrôle de la diffusion d’A. baumannii dans les différents services de l’hôpital, et met en évidence le rôle de la pression de sélection exercée par les fluoroquinolones.
Mots-clés : Acinetobacter baumannii – Précautions Contact – Consommations d’Antibiotiques.
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La réévaluation de l’antibiothérapie en hôpital local
A.-L. Richard, G.-C. Borderan, E. Piednoir
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Introduction. Très peu de données sont disponibles sur la réévaluation des antibiothérapies en hôpital local. La particularité étant que ces antibiotiques sont prescrits par des médecins libéraux. L’objectif de ce travail est donc d’évaluer cette pratique au sein de deux hôpitaux locaux. Méthodes. Un audit a été réalisé dans deux hôpitaux locaux avec étude de 30 dossiers dans chaque établissement. La réévaluation a été étudiée selon deux approches : une basée sur la recherche de critères objectifs de non-réévaluation et l’autre proposée par la Société de pathologie infectieuse de langue française sur ce thème (traçabilité). En complément, les prescripteurs de ces deux établissements ont été ensuite questionnés à l’aide d’un outil testé et validé. Résultats. Sur les 50 dossiers (83 %) a priori réévalués, seulement six dossiers (10 %) sont tracés. Ces deux approches nous ont permis d’estimer l’écart entre une démarche réalisée et tracée dans les dossiers de soins et une démarche a priori réalisée mais non tracée (écart : 43 dossiers). D’après le questionnaire, 38 % des médecins resserrent systématiquement le spectre des antibiotiques. La raison pour laquelle les médecins ne réévaluent pas systématiquement leurs antibiothérapies est pour 42 % d’entre eux, la crainte de « changer une équipe qui gagne ». L’autre principal motif évoqué est le fait que la traçabilité de cette réévaluation ne soit pas un réflexe, d’autant qu’un passage systématique à J3 est difficile du fait de leur activité libérale. Conclusion. Seulement 10 % des antibiothérapies sont réévaluées avec une traçabilité dans le dossier patient. En pratique, même si les médecins réévaluent les antibiotiques prescrits, une grande majorité ne retranscrit pas cette démarche dans le dossier médical. Il est donc nécessaire de promouvoir la réévaluation et sa traçabilité afin que celle-ci fasse partie intégrante de la culture médicale.
Mots-clés : Évaluation des Pratiques Professionnelles – Bon Usage des Antibiotiques – Réévaluation de l’Antibiothérapie.
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Une nouvelle approche méthodologique pour mesurer le nombre d’opportunités d’hygiène des mains en unités d’hospitalisation
C. Slekovec, V. Denizot, L. Vettoretti, A. Ponchon, F. Mauny, D. Hocquet, X. Bertrand, D. Talon
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Objectif. Mesurer le nombre d’opportunités de désinfection hydroalcoolique des mains dans différentes unités de soins. Matériel et méthodes. La charge en soins requis a été mesurée à travers les actes réalisés dans neuf services de médecine (N = 4), de chirurgie (N = 4) et de réanimation (N = 1) pendant une période de deux ans (méthode « Projet de recherche en nursing » [PRN]). La conversion du nombre d’actes en nombre d’opportunités a été réalisée en prenant en compte la définition proposée par Pittet et al., le nombre d’intervenants nécessaires à la réalisation de l’acte et selon le mode de réalisation (soins en série versus soins globalisés). Résultats. Pendant la période d’étude un total de 1 252 671 actes a fait l’objet d’un codage PRN pour les neuf services inclus, et ce nombre correspondait à une durée moyenne de collecte de 734 jours par service pour un total de 124 366 jours d’hospitalisation correspondant à 21 905 patients. Le nombre moyen par jour et par patient d’actes cotés dans l’application PRN pour l’ensemble de la période d’étude était de 6,1 pour les services de médecine, 7,6 pour les services de chirurgie et de 14,8 pour le service de réanimation. Le nombre moyen d’opportunités obtenu par la méthode était de 35 par jour/patient pour la médecine, 49 pour la chirurgie et 237 pour la réanimation. Conclusion. Au total, notre approche méthodologique vient conforter les résultats issus de la littérature à travers des études observationnelles et montre que le nombre réel d’opportunités est très supérieur au nombre d’opportunités retenu pour mesurer la performance des établissements en matière d’hygiène des mains.
Mots-clés : Produit hydroalcoolique – Désinfection des Mains – Opportunités.
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Prévention des risques liés à l’eau dans les établissements de santé de la Réunion
J.-C. Denys, D. Deniau
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Le risque de dégradation bactérienne de la qualité de l’eau dans les réseaux de distribution intérieure constitue un facteur d’infections nosocomiales pour les établissements de soins. Aussi l’agence régionale de santé océan Indien (ARS-OI) a-t-elle engagé un programme d’actions, consistant notamment à réaliser des inspections-diagnostics des établissements. Les campagnes effectuées entre 2008 et 2011 ont permis de détecter la présence de Legionella pneumophila sur les réseaux d’eau chaude sanitaire, avec dépassement du seuil d’alerte-action dans un quart des établissements. Les investigations, élargies au contrôle de la qualité des réseaux d’eau froide à compter de 2010, ont détecté la présence de Pseudomonas aeruginosa pour plus du tiers des prélèvements ; démontrant que les réseaux d’eau froide constituent un réel vecteur de contamination. Pour renforcer la procédure d’expertise de terrain et faciliter l’identification des points critiques l’ARS-OI a testé un outil de mesure in situ de la biomasse active par ATP-métrie quantitative de seconde génération. Au cours de cette étude, la méthode s’est avérée constituer une adaptation intéressante des capacités de détection, de diagnostic et de surveillance pour gérer le risque de dégradation de la qualité de l’eau. Le présent travail montre l’importance pour les établissements de soins d’établir des plans de gestion de la sécurité sanitaire de l’eau fondés, d’une part sur les règles de conception des réseaux de distribution d’eau intérieur (fonctionnement hydraulique, maîtrise des températures), d’autre part sur l’élaboration de protocoles d’entretien préventif et curatif ainsi que de programmes de surveillance des installations.
Mots-clés : Eau chaude sanitaire – Légionelle – Dégradation bactérienne – Pseudomonas – Établissements de Soins – ATP-métrie quantitative – Biomasse active.
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Évaluation de l’impact financier pour l’hôpital d’une infection à Staphylococcus aureus en service de réanimation
M.-C. Clément, M. Sauget, C. Slekovec, H. Ghaguibi-Haoré, X. Bertrand, D. Talon
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Différentes études ou rapports attribuent un surcoût hospitalier important aux infections nosocomiales. Ces surcoûts représentaient une perte financière « sèche » pour les établissements dont le financement reposait sur la dotation globale. L’objectif de cette étude était d’évaluer l’impact financier des infections nosocomiales pour un établissement financé à l’activité. Pour cette étude le choix a été fait d’évaluer l’impact financier des infections à Staphylococcus aureus sensible à la méticilline (SASM) en réanimation. Durant une année en réanimation adulte au centre hospitalier universitaire de Besançon, 116 patients ayant présenté un prélèvement positif à SAMS ont été inclus dans l’étude : 28 ont déclaré une infection durant leur séjour (les cas) et 88 sont restés des porteurs sains (les contrôles). Les données issues des laboratoires de bactériologie et d’hygiène hospitalière, mais aussi de la pharmacie hospitalière ont été utilisés de même que les données médicales disponibles dans le « Programme de médicalisation des systèmes d’information ». Concernant les cas et pour un séjour hospitalier, les résultats montraient une durée de séjour plus longue (p = 10-2). Pour les cas, le « montant financier restant » total à l’hôpital est significativement plus élevé pour chaque séjour (p = 0,03) alors que le « montant restant » journalier a tendance à baisser (p = 0,10). Ainsi, contrairement à la situation antérieure où l’infection nosocomiale représentait une perte financière sèche pour l’établissement, le financement à l’activité permet de valoriser financièrement l’infection nosocomiale.
Mots-clés : Infection acquise en Réanimation – Staphylococcus aureus sensible à la Méticilline – Impact financier.
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Lettre à la rédaction Évaluation de la désinfection des dispositifs médicaux non autoclavables dans les services de réanimation néonatale et pédiatrique du centre hospitalier universitaire de Marrakech (Maroc)
N. Soraa, M. Essaidi, F.-M. Maouainine, N. Slitine, A.-G. Adib, Y. Mouaffak, S. Younous, A. Aboussaad, L. Chabaa
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Introduction. Le risque infectieux lié aux dispositifs médicaux réutilisables est très bien documenté en milieu de réanimation. La désinfection du matériel constitue ainsi une exigence essentielle s’inscrivant dans une démarche qualité de la gestion des risques infectieux et de la lutte contre les infections nosocomiales en milieu hospitalier. L’objectif de cette étude est d’évaluer l’ensemble des pratiques de désinfection du matériel réutilisable et non autoclavable en réanimation pédiatrique, d’évaluer si les procédures suivies répondent aux normes nationales codifiées, d’élaborer des recommandations et de contribuer ainsi à la prévention des infections nosocomiales. Matériels et méthodes. Ce travail a été réalisé au niveau de l’hôpital mère-enfant du centre hospitalier universitaire Mohammed VI de Marrakech en septembre 2010. Il a concerné uniquement les services de réanimation pédiatrique et néonatale. Une grille d’évaluation a relevé les paramètres relatifs à la désinfection des dispositifs médicaux réutilisables auprès du personnel responsable de la désinfection. Des prélèvements microbiologiques ont été réalisés afin de valider l’efficacité du traitement et de relever d’éventuels dysfonctionnements. Résultats. Des points forts et des dysfonctionnements ont été relevés, justifiant l’intervention de l’équipe opérationnelle d’hygiène pour aider à mettre en place les actions correctives nécessaires et pour superviser la rédaction d’un protocole institutionnel spécifique aux services de réanimation pédiatrique. Discussion-conclusion. Pour garantir la qualité de la désinfection des dispositifs médicaux non autoclavables, et donc la qualité des soins aux enfants en réanimation, il parait indispensable de définir le niveau de désinfection à appliquer à chaque dispositif médical concerné, de déterminer la méthode de désinfection adaptée, d’établir des procédures et des protocoles écrits pour chacune des étapes de traitement du dispositif médical, de former les personnels affectés à cette tâche et d’évaluer périodiquement l’observance des pratiques recommandées.
Mots-clés : Dispositifs médicaux – Désinfection – Infection nosocomiale – Réanimation – Enfant – Hygiène hospitalière.
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Lettre à la rédaction Efficacité des traitements de désinfection contre les parvovirus et d’autres virus modèles
V. Thomas
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Certains virus peuvent persister à l’état infectieux pendant très longtemps sur différents types de surfaces. La durée de la persistance varie en fonction de la nature de la surface contaminée (métal, plastique, etc.), du type de virus, de la présence de souillures (sang, fèces, etc.), de la température et de l’humidité [1-4]. Par ailleurs, une fois séchés sur surfaces, ces virus peuvent aussi afficher une meilleure résistance à la désinfection que lorsqu’ils sont en suspension ; cette résistance à la désinfection est renforcée par la présence de souillures organiques [5,6]. Enfin, de nouveaux virus potentiellement pathogènes sont régulièrement décrits : le bocavirus (un parvovirus) a été décrit en 2005 et bien que son pouvoir pathogène soit controversé, il pourrait être responsable d’infections du tractus respiratoire et de gastro-entérites chez le jeune enfant [7,8]. Les surfaces contaminées sont donc des vecteurs potentiels de transmission de virus connus et émergents [9-12] et il est par conséquent nécessaire de valider l’activité virucide des traitements de désinfection dans ce contexte.
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Lettre à la rédaction Retirer son alliance ? Une photo pour convaincre
O. Meunier, F. Salles, S. Burger, N. Boehm, J. Hemmelé
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Les consommations de solutions hydroalcooliques augmentent régulièrement, l’hygiène des mains devient un réflexe pour les soignants, mais il faut néanmoins encore apporter des arguments pour que les professionnels abandonnent leurs bagues, bracelets, montre et surtout leur alliance. En effet, même s’il n’est pas démontré que le retrait des bijoux s’accompagne d’une réduction du risque de transmission croisée [1-3], il est bien acquis que les bijoux, dont l’alliance, constituent des niches microbiennes majeures [4-6].
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