Introduction. La gestion des réseaux d’eau hospitaliers doit concilier prévention des risques infectieux (PRI) et développement durable. Aucune recommandation ne définit de fréquence optimale de remplacement des flexibles de douche. En 2023, un audit de la maintenance et de la surveillance des réseaux d’eau de notre groupe hospitalo-universitaire (GHU) a révélé que cette fréquence variait de trois mois à plus d’un an selon les sites. Objectif. L’étude devait évaluer la contamination microbienne des flexibles selon leur ancienneté afin de proposer une fréquence de remplacement conciliant PRI pour les patients et développement durable. Méthode. L’étude transversale multicentrique a concerné 45 flexibles, répartis en quatre classes d’âge, de trois établissements du GHU. Une analyse microbiologique qualitative a recherché la présence d’entérobactéries et de P. aeruginosa. L’empreinte carbone des flexibles a été évaluée par analyse du cycle de vie. Résultats. Les flexibles les plus récents étaient plus souvent colonisés que les plus anciens, sans différence statistiquement significative (83% des flexibles âgés de 1 à 3 mois vs 55% des flexibles de plus de 12 mois). La nature des germes variait selon les sites. La détection d’entérobactéries dans certains flexibles a conduit à des investigations complémentaires suggérant une rétro-contamination lors de l’utilisation. L’empreinte carbone moyenne d’un flexible était estimée à 420 g éqCO2. Discussion-conclusion. L’étude ne relève pas d’association entre l’âge des flexibles et leur contamination microbienne, et suggère que d’autres facteurs (conditions d’utilisation, écologie du réseau…) entrent en compte. L’impact carbone des flexibles de douche est aussi à considérer pour définir une fréquence de remplacement optimale répondant aux problématiques de PRI et de développement durable.
Introduction. Managing hospital water networks must balance infection prevention and control (IPC) with sustainable development. No current recommendation defines the optimal replacement frequency for shower hoses. In 2023, an audit of water network maintenance and monitoring across our university hospital group (UHG) revealed that replacement practices varied widely, from every three months to over a year depending on the site. Objective. This study aimed to assess microbial contamination of shower hoses according to their age, in order to propose a replacement frequency reconciling patient IPC requirements with sustainability goals. Methods. This multicenter cross-sectional study included 45 shower hoses from three facilities within the UHG, grouped into four age categories. Qualitative microbiological analyses tested for the presence of Enterobacterales and Pseudomonas aeruginosa. The carbon footprint of the hoses was evaluated using life cycle analysis. Results. Newer hoses were more frequently colonized than older ones, though the difference was not statistically significant (83% for hoses aged 1 to 3 months vs. 55% for hoses over 12 months old). The types of microorganisms varied between sites. The detection of Enterobacterales in some hoses prompted further investigations that suggested possible retro-contamination during use. The average carbon footprint per hose was estimated at 420 g CO₂ equivalent. Discussion-Conclusion. No association was observed between hose age and microbial contamination. Other factors, such as usage conditions and the microbial ecology of the water network, likely play a role. The carbon footprint of shower hoses should also be considered when defining an optimal replacement frequency that aligns with both IPC priorities and environmental sustainability.
Ciotti C, Afonso A, Moulin JP, Bourdais V, Cissako D, Gera S, Mellon G, Gits-Muselli M. Colonisation microbienne et impact environnemental des flexibles de douche à l’hôpital : quelle fréquence de remplacement adopter ? Hygiènes. 2026;34(1):51-55.
Historique : Reçu 17 octobre 2025 – Accepté 14 janvier 2026 – Publié 23 mars 2026