Contexte. Les données sur les infections associées aux soins (IAS) en Afrique sont relativement abondantes. Objectif. L’objectif principal était d’identifier les outils de surveillance utilisés pour les infections associées aux soins (IAS) dans les pays de la Région africaine de l’OMS. Les objectifs secondaires portaient sur l’organisation de la surveillance, les pathogènes impliqués et la fréquence des espèces multirésistantes. Critères d’inclusion et d’exclusion. Les études observationnelles ou interventionnelles sur les IAS chez l’humain, publiées entre janvier 2011 et décembre 2024, en français ou en anglais, ont été incluses. Les publications suivantes ont été exclues : études animales, IAS non liées aux établissements de santé, revues de littérature, études hors période ou zone géographique, et études dans d’autres langues. Sources d’information et date de recherche. Les bases de données consultées étaient PubMed, Web of Science, EMBASE, Cochrane, African Index Medicus, Google Scholar et AJOL. La recherche a été effectuée entre janvier et mars 2025. Évaluation du risque de biais. Le risque de biais a été évalué à l’aide d’une grille spécifique (onze critères), noté de 1 (faible) à 3 (élevé). Les études ont été classées en trois niveaux de qualité méthodologique. Les résultats de l’évaluation du biais ont montré que les publications étaient excellentes (forte et modérée) avec un taux cumulé de 99,9%. Méthodes de synthèse des résultats. Les données ont été extraites à l’aide d’une grille standardisée et synthétisées de manière narrative. Aucune méta-analyse n’a été réalisée. Nombre d’études et caractéristiques. Au total, 95 études ont été incluses, principalement des études transversales (82,1%), des cohortes (10,4%) et quelques rapports de cas. La majorité provenait d’Afrique de l’Ouest (60,0%), notamment du Nigeria (16,8%) et de l’Afrique du Sud (14,7%). Principaux résultats. Pathogènes les plus fréquents : Staphylococcus aureus (53,7%), Escherichia coli (43,2%), Klebsiella pneumoniae (32,6%). Profil de résistance : bêta-lactamases à spectre étendu (BLSE, 27,4%), S. aureus résistant à la méticilline (SARM, 21,1%), multirésistance (13,7%). Sources des IAS : principalement exogènes (83,2%). Méthodes de laboratoire : phénotypiques (70,5%), génotypiques ou génomiques rares (3,1%). Portée des études : locale (96,8%), nationale (3,2%). Limites. Risque de biais dû à la sous-déclaration des IAS, hétérogénéité méthodologique, prédominance des études transversales, faible utilisation des méthodes moléculaires, absence de modélisation et couverture géographique inégale. Interprétation globale et implications. La surveillance des IAS en Afrique reste fragmentée et peu standardisée. Il est nécessaire de renforcer les systèmes nationaux, d’intégrer des méthodes moléculaires, de former les professionnels et de promouvoir la recherche interventionnelle. Le programme GLASS de l’OMS peut servir de cadre pour harmoniser la surveillance.
Gahimbare L, Guessennd NK, Muvunyi CM, et al.
Surveillance of healthcare-associated infections in the WHO african region: Systematic review of literature from 2011 to 2024. Antibiotics. 2025;14(12):1287. Doi : 10.3390/antibiotics14121287.