Contexte. L’hygiène des mains constitue une mesure simple mais particulièrement efficace pour prévenir les infections associées aux soins ; toutefois, le niveau d’observance demeure insuffisant à l’échelle mondiale. Cette étude a analysé un important jeu de données italien afin d’évaluer l’adhésion des professionnels de santé aux recommandations d’hygiène des mains et d’identifier les principaux facteurs influençant cette observance. Méthode. Des données observationnelles transversales recueillies directement sur le terrain au cours de plusieurs vagues successives ont été collectées entre 2017 et 2024 dans 30 hôpitaux italiens participant au projet d’hygiène des mains de la Joint Commission International. Plus de 749 000 opportunités d’hygiène des mains ont été analysées. Des analyses statistiques classiques et des modèles supervisés d’apprentissage automatique ont été utilisés pour évaluer les taux d’observance et étudier leur association avec l’année d’observation, le secteur clinique, la catégorie professionnelle et le moment de contact avec le patient (opportunité). En outre, des modèles d’apprentissage automatique ont été mis en œuvre afin de soutenir une surveillance proactive fondée sur le risque en identifiant les situations à haut risque et en facilitant des stratégies de suivi plus ciblées au sein des établissements de santé. Résultats. Le taux global d’observance de l’hygiène des mains est passé de 73,5% en 2017 à 82,0% en 2024, dépassant l’objectif de 80% fixé par l’Organisation mondiale de la santé (OMS) à partir de 2020. Le personnel infirmier présentait les niveaux d’observance les plus élevés. Les opportunités considérées comme à haut risque, telles que celles précédant un geste aseptique ou suivant une exposition à des liquides biologiques, étaient associées à une meilleure observance que les autres moments. Les services d’urgences affichaient les taux d’observance les plus faibles (76,3%). Les modèles d’apprentissage automatique ont confirmé que l’année d’observation, le moment de contact avec le patient et la catégorie professionnelle constituaient les facteurs prédictifs les plus importants de l’observance. Le modèle le plus performant a atteint une exactitude de 64,6% pour la classification des actions d’hygiène des mains. Conclusion. Cette analyse met en évidence une amélioration progressive des pratiques d’hygiène des mains dans les hôpitaux italiens tout en identifiant des contextes spécifiques, notamment les services d’urgences, nécessitant des interventions ciblées. L’intégration de la surveillance observationnelle à des modèles prédictifs d’intelligence artificielle pourrait favoriser une surveillance proactive fondée sur le risque ainsi que des stratégies d’amélioration ciblées. Les initiatives multimodales associées à une démarche d’accréditation, telles que ce projet, soulignent le rôle essentiel de la mesure dans le développement d’une culture de l’hygiène des mains et dans l’amélioration de la sécurité des patients.
Buja A, Damiani G, Tangherloni A, et al.
The Italian hand hygiene project: a joint-commission Italian network analysis. J Infect Public Health. 2026;19(7):103268. Doi : 10.1016/j.jiph.2026.103268.