PRI dans 159 unités de soins intensifs aux USA : perceptions positives (mais peut-être optimistes) des responsables d’unités

Introduction. Dans le contexte des soins d’urgence, la mise en œuvre des pratiques de prévention et de contrôle des infections (PCI) peut être difficile en raison de nombreux facteurs, notamment l’encombrement des services d’urgences, l’hospitalisation prolongée de patients en attente de lit, le taux élevé de rotation du personnel et la gravité des situations cliniques. Comprendre comment la spécificité de l’environnement des services d’urgences influence la mise en œuvre de la PCI est essentiel pour réduire les infections associées aux soins et améliorer la sécurité des patients. Dans cette étude, nous avons cherché à évaluer les perceptions des responsables de services d’urgences concernant les pratiques de PCI afin d’identifier des axes d’intervention potentiels et d’orienter des actions d’amélioration ciblées. Méthodes. Entre janvier et juillet 2023, les responsables des services d’urgences aux États-Unis ont été interrogés sur leurs pratiques de PCI à l’aide de l’enquête National Emergency Department Inventories (NEDI)-USA, proposée annuellement à l’ensemble des services d’urgences du pays. Une version étendue de l’enquête a été proposée dans un sous-ensemble de services d’urgences afin d’évaluer la formation du personnel de santé à la PCI, l’adhésion déclarée aux pratiques et politiques recommandées concernant la désinfection du matériel médical réutilisable et de l’environnement, l’utilisation des équipements de protection individuelle, l’hygiène des mains, le nettoyage et la désinfection des espaces de soins, l’utilisation de la signalisation des précautions complémentaires de transmission, la perception du risque lié aux pratiques des soignants dans la survenue des infections associées aux soins, ainsi que les obstacles à un nettoyage adéquat des chambres. Résultats. Parmi les 289 établissements sollicités, 159 (55%) ont répondu ; parmi eux, 67 (42%) ont déclaré avoir pris en charge ≥40 000 patients au cours de l’année précédente. Concernant la formation du personnel, 84% (131/156) des responsables ont indiqué que ≥80% du personnel des services d’urgences était correctement formé aux procédures de PCI selon les politiques de leur établissement. Cependant, la perception de l’adhésion du personnel aux pratiques de PCI était plus faible. Bien que 75% (118/157) des services d’urgences aient rapporté une conformité >80% pour l’utilisation correcte des respirateurs N95, la signalisation des précautions complémentaires de transmission a été identifiée comme une lacune importante : 30% (47/159) des services d’urgences ont déclaré ne jamais, rarement ou seulement parfois afficher la signalisation requise pour les patients concernés. De plus, 69% (61/89) des services d’urgences ont indiqué ne jamais, rarement ou seulement parfois afficher cette signalisation pour les patients installés dans des couloirs ou des zones de prise en charge en débordement. Conclusion. Cette enquête nationale montre que les responsables des services d’urgences estiment que leur personnel possède un niveau élevé de connaissance des politiques de PCI et une bonne adhésion à certaines, mais pas à l’ensemble, des mesures recommandées. Cette perception globalement élevée contraste avec des observations publiées antérieurement faisant état de pratiques de PCI insuffisantes dans les services d’urgences, suggérant des relations complexes entre perception et pratique susceptibles d’influencer la sécurité des patients. Ces résultats peuvent orienter des interventions ciblées visant à améliorer l’adhésion aux mesures de PCI, réduire les infections associées aux soins et renforcer la sécurité des patients en contexte d’urgence.

Dasari L, Paras ML, Pellicane SL, et al.

National survey on infection prevention and control in United States emergency departments.. West J Emerg Med. 2025;26(6):1781-1789. Doi : 10.5811/westjem.46582.